Requiem pour un fa, le Do sera jaloux
Quant aux nuages, ils dorment, Aux cimes de mousses bleues, Aux pieds des larges ormes, Dont l'écorce sonne creux.
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Aplopexie
® Tous droits réservés à Sophie Chollet.Prière de ne pas prendre mes textes sans ma permission.Merci.
Mes alcôves
Moi, l'anti-héros
Quatre heures du matin, les rideaux fermés, le lit en désordre. Quatre heures du matin et je n'ai pas envi de me lever mais je suis le héros de cette histoire, non ? Donc allons-y. Le café est amer, la tasse réchauffée au micro-ondes m'a brûlé la main droite. Pourtant, c'est assez drôle, ma main droite me dit tous les matins qu'elle n'a pas envi de ce café ; A croire qu'elle sait ce qu'il va arriver mais moi j'oublie toujours, c'est comme ça. Hier soir, ma main droite était heureuse, elle s'est rendue prisonnière d'une chevelure. Pas ce genre de cheveux fades au goût et brillants, mais ce genre de chevelure de fantasmes baudelairiens. Une chevelure si rousse que le diable semblait s'être décharné pour la mettre dans son crâne. Dieu qu'elle était excitante avec sa chevelure et son petit tailleur rouge, et même au cou, un collier d'or. Elle parlait à moitié français, et je crois que c'était son accent américain qui m'a tout de suite plu. Avec l'inflation, le 11 septembre, la guerre en Irak et l'hégémonie de la NSA j'avais l'impression de me payer un produit de luxe. Ce genre de paquets cadeaux avec remise, si rare dans les grands magasins. Je suis un antihéros, et je ne colle pas aux romans d'aventures du 17ème ni au comics américains. Personne n'admire mes supers pouvoirs, mon sens de l'honneur ou ma figure du « beau Brun ». Moi, je m'extasie plus, j'en ingurgite. La première fois, c'était quand j'avais, quoi, dix sept ans peut être. Le délire était d'ouvrir la bouche la plus grande possible, de manière a ce que les dents soient cachées sous les lèvres. Les dents déjà jaunes, c'était à cause de la cigarette. Un trou, un instant et je partais. Y'avait des rayures jaunes qui s'éclataient dans ma vision, mes pas s'entrechoquaient contre les plafonds, mes doigts sentaient le pudding anglais, et même une fois j'ai vu Dieu. J'ai vu Dieu et c'était le concierge de l'immeuble de mon amie Susan. Susan ou mon premier amour, trois piqûres et trois premières fois, dans le lit de ses parents, sur la table de la cuisine et peut être dans la salle de bain. Et moi maintenant, à la table de ma cuisine suédoise, en pantoufle Garfield je regarde les petits oiseaux qui s'égayent sur le rebord de ma fenêtre. Ils sont cons les oiseaux ils chantent toujours la même chose, comme si la vie c'était toujours le même refrain. Quoi que, je n'ai pas de preuves pour mes dires sinon une légère impression. Pour moi, c'est vrai, les jours se ressemblent, j'ai même parfois la sensation de faire parti du décor. Un personnage carton pâte dans le fond de la scène. Je porte un peignoir blanc, volé dans un hôtel, mes cheveux décolorés blonds, puis le teint bronzé, mettent en valeur le bonheur intact de mon existence. Pourtant, je suis allé à l'école moi aussi. J'ai étudié le ronflant Pythagore et l'exquis Voltaire. J'ai même lu à une époque les classiques de poche, c'était y a longtemps. Je bandais à l'évocation d'Athalie et je jouissais devant la cousine Roxanne. Mon vice ne s'arrête pas là. Le soir, je ne regardais pas la télévision, je n'aidais pas ma mère a mettre la table, et je ne me brossais pas les dents. A la lumière du chevet, je dévorais Breat Easton Ellis ou Anthony Burgess en écoutant la petite fleur de Sidney Bechet. Et là, c'était mes premières révélations. Un peu comme le curé, mais en moins catholique. Je transgressai l'idéal de mon siècle, je voulais être un Yupi américain des années 1980, et sniffer la cocaïne avec de riches héritières. Dans mes rêves, il y avait toujours un piano à queue, sur lequel je posais la tête décapitée de la nana qui venait de me larguer. C'était fantasque n'est-ce pas ? Et je sais que ça vous plaît tout ça, cette noirceur, cette saleté, puisque vous me lisez, et que vous ne dîtes rien. A l'âge de trente ans, cette fille rousse américaine, a pourtant réussi à chambouler ma vie. Elle était pas bien grande, avec ses talons peut être, mais c'est ses yeux sans doutes qui me firent croire en n'importe quoi. Hier soir, quand elle est venue, pour jouer mes intellectuels dandy, je lui ai montré une copie parfaite de l'Enfer selon Dante. « Regarde disais je, comme ces squelettes ont quelque chose de précieux. » Et accompagnant ma parole, ma paume caressait le verre du cadre. Un cadre noir pour mieux se prêter à l'ambiance. Elle s'était mise à rire cette pute, à rire d'un gloussement si sévère et si drôle que je me suis retrouvé bête. Moi, je trouvais ma phrase absolument renversante, elle, ça l'a renversé de rire.
Pour un voyage ensemble
Afin de ne pas se sentir trop seule, sur cette île virtuelle : http://www.boosterblog.com/
Pensée délirante
Localité : Pau Université: UPPA. Université de Pau et Pays de l'Adour Centres d'intérêts: lecture, écriture, poésie, voyages, musique, religions,spiritualité, contacts humains, "philosophie" (de comptoir), nature sauvage, romantisme, bouddhisme, inde, lautréamont, Baudelaire, Rimbaud, Khalil Gibran, Crow Foot, Chrétien de Troyes, Adam de La Halle, Dead Can Dance, Cradle Of Filth, Gojira...

28-03-2009

Préface

Ce qu'il faut dire dans ces circonstances, quand c'est la peur qui t'assaille car tes doigts se rétractent de leur propre chef, c'est que l'âme l'âme est là, d'un fantôme muet, pointant son nez dans l'ombre vers toi, enorgueilli de t'avoir cernée puis violée jusque dans tes viscères. La peur la peur emprisonne. Elle te prend les nerfs, dirige ta plume, tes doigts, ta cervelle: tout et toi, toi. Tout est silence.

Même tes fenêtres ont des allures de vitraux gothiques. Tu guettes la nuit, ces étoiles épiques, blanches et cette lune jaune, dans lesquelles tu crois pouvoir nager.
Tu te semble Divine car l'homme est à l'image de Dieu, dirent un soir lors des croisades quelques seigneurs.
Puis au fond, on meurt tous un jour.De l'écriture, naît la sève de l'éternité. Mais alors qui suis je?
Cette intemporalité qui existe, lorsque le temps s'écoule,ici mais peut être pas ailleurs/Lire encore lire, puis libre libre ce que tu es, figée, et t'aimer ou te flatter. Qu'importe, tu fus mais tu existes. Ces étoiles, dont tu parles, ou parlais que sont elles sinon de simples prismes  que la foudre des soleils cosmiques emportent loin de ton regard. Elles sont mortes, égratignées, insoupçonnables. Tu t'apaises au son des voix cantiques, d'une Eglise que tu n'habites pas.C'est la musique que tu aimes, que tu écoutes depuis des années, celle des caves et des habits noirs. Tu planes mais paniques : Calme moi. Calme moi.
Calmants.

T'a envi de résonner de ta propre voix, celle qui est toute fluette et grossière, avec tes mots, tes lettres, tes opinions mais tu n'as rien de tout ça, car tu n'es qu'humaine . Le génie ne t'appartient pas, il s'est enfuit le jour où tu as cru l'avoir. Parce qu'une fois, une gosse dans un car t'a dit que c'était beau tes poèmes. Et toi, tu as cru que l'infini était à ta portée. Tu n'as rien d'une écrivain, d'une poète, d'une pythie quelconque. Tu es une ordure putride gisante dans les bras apaisants de cet art, pauvre, pauvre scribe. Tu ne seras rédactrice d'aucun mouvement littéraire, d'un journal à scandales, d'aucun recueil, seulement l'inventrice d'un épitaphe : celui de ta propre tombe. Et on dira, d'un demi sourire : C'est pas mal. Laisse tomber, par terre, sous la maison, sous ton cœur, cette ambition malsaine qui est de croire que tu pourrais valoir quelque chose dans ce concept génial, grandiose de la littérature . Petite fille à lunettes, à cloche pieds, à cloche horloge, qui est violée par le temps. Devant l'Eglise, ce n'est pas les saints qui te regardent, mais toi, qui restera assise en son seuil, sous la coupole de Michel Ange, de la même manière que l'imposteur Jésus, enveloppé dans un suaire, tu seras bénie de pluie, mais pas de Lui, lavée de larmes et non de gloire, parce que c'est ce a quoi ton être est destiné : implorer la pitié des hommes par ta voûte bossue, de pauvre vieille, aux mains crasseuses et aux rides étendues comme des fleuves. Tu as le regard long comme un tunnel, dans lequel la lumière se perd en des cercles jaunes. Le chat des pauvres, l'animal galeux de toute une société qu'on laisse crever dans la gouttière, parce que tu miaules faux.

Tu es un mauvais chat, tu ne vois rien dans la nuit : toi. Tu tâtonnes, tu tombes, tu attrapes le drap d'un mort avec violence pour qu'il te recouvre, sans comprendre que le génie lui, c'est à la Vierge qu'il emprunte la soie, et la fait venir à lui. Pauvre fille. Pauvre mortelle qui aurait aimé caresser l'univers par la plume, par un pic griffonnant de métal d'acier bleu... Sur des hanches molles comme des coussins d'orient, suintant l'encens et la luxure, tu t'allonges en croix. Les clous, cette réalité, cette infâme vérité te cloisonne devant ta propre image : Salomé aux paumes écorchées et sans voiles. Nue de rien, nue et pleine de vers. Ceux qui nous dévorent et non qui nous plaisent. Ils te bouffent tellement qu'en fait, tu perds tes organes et rédiges du sang. Tu délires. Tu délires parce que t'a rien à écrire, t'a rien à comprendre. Tout est désert, chaotique dans ton monde. Tu écris, mais cela ne sert à rien.

Pretty_like_drugs_by_on_my_lips

 

Nouveau Recueil :

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28-03-2009, 16:48:09 Comtesse Christa

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Pour La Noyée des Eaux Phallanges
Toucher du visage le nacre des baignoires Et coller sa nuque aux mousses d'eau Teintées de perles et flambées d'ivoire Paresser sous l'onde vide des flots.
Au champs des clairs de Lune
Des vaches mortes, sur un champs de bataille, huilées jusqu'aux cornes, et mortes jusqu'aux entrailles. Des herbes longues, des feuilles vertes, sur le champs de bataille, et des costumes rouges découpés sur du papier canson. Le sang s'écoule de nos ciseaux, et leurs gouttent perlent le métal, l'acier trempé, l'acier souillé . Des vaches mortes, dans l'abattoir, dans lequel nous courrons, les bras arrachés par le vent, les jambes attrapées par les canines de la vieillesse. Des vaches mortes, les mamelles pleines d'abondance et de vie, dont l'enfant se régale et l'adolescent se dégoute. Et l'adulte s'y accommode de quelques gouttes blanches sur les papilles, en s'écriant à gorge sèche : le bonheur est bon. Et nous verrons sur les batteries de chanteurs de rock, des crânes de vaches mortes, brandies, pointées par les baguettes, et nous danserons, jusqu'à l'épuisement en se murmurant dans le silence des nuits : « ce moment était agréable ».
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