28/03/2009

Préface

Ce qu'il faut dire dans ces circonstances, quand c'est la peur qui t'assaille car tes doigts se rétractent de leur propre chef, c'est que l'âme l'âme est là, d'un fantôme muet, pointant son nez dans l'ombre vers toi, enorgueilli de t'avoir cernée puis violée jusque dans tes viscères. La peur la peur emprisonne. Elle te prend les nerfs, dirige ta plume, tes doigts, ta cervelle: tout et toi, toi. Tout est silence.

Même tes fenêtres ont des allures de vitraux gothiques. Tu guettes la nuit, ces étoiles épiques, blanches et cette lune jaune, dans lesquelles tu crois pouvoir nager.
Tu te semble Divine car l'homme est à l'image de Dieu, dirent un soir lors des croisades quelques seigneurs.
Puis au fond, on meurt tous un jour.De l'écriture, naît la sève de l'éternité. Mais alors qui suis je?
Cette intemporalité qui existe, lorsque le temps s'écoule,ici mais peut être pas ailleurs/Lire encore lire, puis libre libre ce que tu es, figée, et t'aimer ou te flatter. Qu'importe, tu fus mais tu existes. Ces étoiles, dont tu parles, ou parlais que sont elles sinon de simples prismes  que la foudre des soleils cosmiques emportent loin de ton regard. Elles sont mortes, égratignées, insoupçonnables. Tu t'apaises au son des voix cantiques, d'une Eglise que tu n'habites pas.C'est la musique que tu aimes, que tu écoutes depuis des années, celle des caves et des habits noirs. Tu planes mais paniques : Calme moi. Calme moi.
Calmants.

T'a envi de résonner de ta propre voix, celle qui est toute fluette et grossière, avec tes mots, tes lettres, tes opinions mais tu n'as rien de tout ça, car tu n'es qu'humaine . Le génie ne t'appartient pas, il s'est enfuit le jour où tu as cru l'avoir. Parce qu'une fois, une gosse dans un car t'a dit que c'était beau tes poèmes. Et toi, tu as cru que l'infini était à ta portée. Tu n'as rien d'une écrivain, d'une poète, d'une pythie quelconque. Tu es une ordure putride gisante dans les bras apaisants de cet art, pauvre, pauvre scribe. Tu ne seras rédactrice d'aucun mouvement littéraire, d'un journal à scandales, d'aucun recueil, seulement l'inventrice d'un épitaphe : celui de ta propre tombe. Et on dira, d'un demi sourire : C'est pas mal. Laisse tomber, par terre, sous la maison, sous ton cœur, cette ambition malsaine qui est de croire que tu pourrais valoir quelque chose dans ce concept génial, grandiose de la littérature . Petite fille à lunettes, à cloche pieds, à cloche horloge, qui est violée par le temps. Devant l'Eglise, ce n'est pas les saints qui te regardent, mais toi, qui restera assise en son seuil, sous la coupole de Michel Ange, de la même manière que l'imposteur Jésus, enveloppé dans un suaire, tu seras bénie de pluie, mais pas de Lui, lavée de larmes et non de gloire, parce que c'est ce a quoi ton être est destiné : implorer la pitié des hommes par ta voûte bossue, de pauvre vieille, aux mains crasseuses et aux rides étendues comme des fleuves. Tu as le regard long comme un tunnel, dans lequel la lumière se perd en des cercles jaunes. Le chat des pauvres, l'animal galeux de toute une société qu'on laisse crever dans la gouttière, parce que tu miaules faux.

Tu es un mauvais chat, tu ne vois rien dans la nuit : toi. Tu tâtonnes, tu tombes, tu attrapes le drap d'un mort avec violence pour qu'il te recouvre, sans comprendre que le génie lui, c'est à la Vierge qu'il emprunte la soie, et la fait venir à lui. Pauvre fille. Pauvre mortelle qui aurait aimé caresser l'univers par la plume, par un pic griffonnant de métal d'acier bleu... Sur des hanches molles comme des coussins d'orient, suintant l'encens et la luxure, tu t'allonges en croix. Les clous, cette réalité, cette infâme vérité te cloisonne devant ta propre image : Salomé aux paumes écorchées et sans voiles. Nue de rien, nue et pleine de vers. Ceux qui nous dévorent et non qui nous plaisent. Ils te bouffent tellement qu'en fait, tu perds tes organes et rédiges du sang. Tu délires. Tu délires parce que t'a rien à écrire, t'a rien à comprendre. Tout est désert, chaotique dans ton monde. Tu écris, mais cela ne sert à rien.

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Nouveau Recueil :

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16:48 Écrit par Comtesse Christa | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

24/03/2009

La véritable histoire de....

Charles Baudelaire, je vous aime


Qui est réveillé?
Le loup,
Il dormait.
Mais où?
Dormait le loup,
Avant qu’il ne soit réveillé….


J’ai le diaphragme qui se gonfle à peine,
Mais cycliquement comme un tambour,
Pour que je suffoque et que mon haleine
Sonne de tristes hoquets plus furieux que mon amour.
Car, Ah! Si je pouvais t’aimer,
Ici ce soir, entre deux tambours
Que je mourrai,
Que je mourrai d’amour.
Et mes yeux engloutis me tombent dans  les bras,
Tant je pleure , et tant que j’ai l’absence
De toi,
Et d’un brin de lavande cueilli en Provence

Je me désintègre toute entière de l’intérieur,
Sans le moindre vers
Et sans la moindre odeur,
Et sans la crasse qui me couvre  de terre
Et qui ferait de moi,
Quelque chose à toi.
Je me déshabille comme on pèle l’orange
Avec la cisaille du couteau,
Car l’amour a la beauté d’un ange
Que l’on aurait défiguré pour qu’il soit beau.


Qui fut mangé
Par le loup?
C’est moi,
Parce que je rêvais,
Je rêvais de Lou
Et toi,
Parce que tu n’as pas vu arriver,
Arriver le loup.

Je veux leur écrire de belles choses,
Car il n’y a que les belles choses qu’on entende
Et sous le laurier, le laurier rose
Du jardin, le soleil est une amande.

200357~Charles-Baudelaire-1821-67-with-Engravings-circa-1863-Posters

 

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23:54 Écrit par Comtesse Christa dans Charles Baudelaire je t'aime | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

01/03/2009

Le torrent a fait se renverser tous les navires, Pour que chaque trésor, étincèle de leur or, tes yeux de saphir.

Le torrent est ma fourrure bleue,
Hérissée, parfois douce et les cailloux
Ont ce noir des puces a qui les yeux
Rugissent plus voraces que le loup.
Le torrent est ma poussière,
Inondée sur le bois du grand caveau

Il ploie sous les crucifères
Et la bave des escargots.
Le torrent est par-dessous la chute,
Du galet qu’on lance sur la maison
Et qui réveille le chient hirsute
Dont le poil suinte le poisson.
Le torrent glisse puis se déverse
Dans la mer où les bateaux
Titubent comme les archers perses
Dansent sur leurs chevaux.
Le torrent galope et je veux le saisir
Tout entier dans ma gorge pour y boire
Le sang des écailles qui transpirent
Et les lessives sales des lavoirs.
C’est le torrent qui m’a conduit,
Jusqu’aux îles parfaites de tes deux yeux
Où les plages sont la suie
Qui encerclent tout le bleu,
De tes deux si beaux yeux.

le_bleu_de_tes_yeux_by_GustavoPastrana

01:14 Écrit par Comtesse Christa dans Eaux emportées | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |