23/10/2008

Poème à l'Inconnue

Fany, l’armure cinabarine de ta bouche guerrière
Est à deux mots de la mienne, et je t’embrasserais
Si je pouvais vaincre cette rancœur meurtrière
A qui j’ arracherai ton glaive et ce baiser.
Ah tes yeux, a qui sème le vent tant de regards
Glauque comme la mer un hiver sans orages
D’où naît les éclipses écarlates de ces soirs
Où j’amuse ma main tout contre ton visage;
Fany, ou les joues zinzolines de pêches écrasées
Que l’on a goûté un matin d’automne, au soleil
Un lac sans parfums, et pour seul reflet
L’encre de ses joues vermeilles.
Oui. Ce sont peut être ses joues, qui ont quelque chose de clair
Et de rose, dans le fugace des ombres déployées
Quelqu’un de pastel, toute de pistache et de lumière
Car les arbres d’aout aussi aiment à la regarder.

Classical_Nude_by_seredin

 


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