05/12/2008

A ceux qui effeuillent le passé, comme l'on retire les fils d'un pull mal tissé.

Mon ami, mon cher ami,
Je veux bien que l'on en rit, que l'on glose
Toute cette épitre, car quelque chose m'entraîne,
Ce n'est plus un chœur brisé dans la prose,
Mais l'empreinte tactile de mes phalènes.
Car tous les doigts qui écrivent en vers,
Ont le froissement des ailes dans leurs airs.

C'est le crépuscule, déjà, tout est inondé,
Du noir des gouffres et des baisers de gorge
Et ce parfum d'encens grillé,
Qui resplendit telle une forge.
J'ai du thé sur les lèvres, et je me penche
Plus sombre au ventre du bureau,
Pour que son bois brun s'épanche,
Tout contre la fibre de ma peau.

Je jalouse ici, le rire comique de Molière,
J'ai trop à te dire, pour trop de choses à taire.

Mon ami, mon tendre ami

J'ai bien lu ta lettre, tant de fois que je la connais
Tant de fois, que je ne sais plus  quoi penser;
Tu as ouvert les paupières de mon âme par tes paroles,
Et ce soir, et demain, c'est ce cri que j'idole.
Il me semble avoir perdu quelque part dans cet univers,
Toute ce que fut mon identité, en son seul exemplaire.
Pour toutes ces fois où j'ai renié avec rage le bon Dieu,
Je le confesse aujourd'hui; je détestais l'inconnu:
C'est nos regards teintés de ce pâle et même bleu,
Qui cherchent en ce ciel, la vérité nue.
Nous aimons la lumière plus que le brillant des crosses
Qui se découpent à la cape des vieux évêques,
Et c'est sous le cœur, sous dix mille écorces
Que nous collectionnons nos propres conquêtes.

Ces énigmes dramatiques qui émanent de tout corps,
Ont  ce quelque chose d'inquiétant et l'on y mord:
Car aimons nous peut être dévorer toutes les saveurs?
Nous goûtons à la beauté du pistil plutôt qu'a la fleur.
Je ne peux pas dire que c'est un hasard, si je ressens
Toute l'immensité de ce monde que je veux étreindre
Je veux poser la paume de mon cœur pour l'éteindre
Car je souffre parfois de ne pas le saisir entièrement.
J'aime souffler du sable sur les visages que je rencontre
Pour les laver comme le font les mères à leurs enfants
J'écoute le tintement de leurs rires et celui de leurs montres
Qui se surprennent à éclater dans un curieux bourdonnement.

La bouche écarte parfois les cuisses roses de l'Inconscient,
Pour pénétrer dans l'aura de ce qui existe, ce qui existe vraiment.
Voila de quoi mon âme est entièrement hantée, toutes ces voix,
Tous ces sourires ont trouvé un miroir, tout en moi
Ils me transpercent de rayons, puis je les garde
Car leur vivace expression est la joie qui me farde.
Et je me berce, en t'écrivant ces quelques pensées,
A l'air de cette musique bruyante aux refrains dorés
Aleichem Shalom ou l'ensemble des voix captives du Sion,
Ensanglantée sous l'oasis dont nous rêvions.

Je pleure encore plus pour le peuple sacrifié,
Dont les ventres maigres pourrissent, là bas,
A cause d'un monde stupide d'un monde mal fait,
Nous sommes tous les héritiers de la Nagba.

Je terminerai cette singulière et courte lettre,
Comme le font les dames aux billets doux
Permet moi d'être fantasque, peut être:
Et de t'embrasser sur la joue.

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18:37 Écrit par Comtesse Christa dans Aleichem Shalom | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : decouverte, poesie, amitie, rencontre, israel, eloge, croisement |  Facebook |