10/05/2008

L'Almée

Les cithares ne chantaient plus aucune chanson,
Et les tigres s'étaient endormis sous les palmerais
Ses pieds fins dans la boue, dansaient tel un paon,
Dont le sari écarlate, était paré de plumes bleutées.

Les yogis et les sages, dans quelques méditations,
Suivaient de leurs yeux exorbités sa pantomime
Enlaçant leurs doigts, d'une prière de rédemption
« Cette Princesse est la plus belle que nous vîmes »

Les alligators, immobiles à la surface des eaux noires,
Ouvraient gueule béante et crocs dociles, l'œil ouvert;
Les poissons jaunes nageaient dans les souffles verts
D'algues longues bercées au courant du soir.

Elle portait des anneaux aux poignets, et un diadème,
Sur le haut de son front brun, humide par les vapeurs.
Sa crinière basanée s'entrelaçait dans la lumière blême,
D'un flou lunaire dont le charme sublimait sa splendeur.

Ô toi Sybarite, jamais plus tu ne te baigneras
Au prisme solaire du bleu de ce large étang,
Là-bas, sur les berges invisibles, le soldat t'attend,
C'est son sabre en ivoire qui t'executera..

Tes couleurs auront le fade des funestes litanies,
Et tes yeux perçants auront les vers des oripeaux
Ta gorge ronde dévorera la souffrance et l'agonie
Les almées dissolues ont le Gange pour tombeau.

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