30/10/2008

Ma Touchka

Ma Reine,

Ainsi tu danses comme ces slaves impétueuses
Faméliques, qui perdent leurs cheveux, et toi:

Tes yeux creux sont ainsi que des veilleuses
Dont les flammes brunes n'existent pas.

 

Tes côtes crochues privées de toute chair
Grincent dans l'onde suave de tes pas
Même le brillant de ton crâne incendiaire
Se meurt dans l'ombre glace de l'au delà.

 

 


Le corrail de tes joues est en cendres
Et ta bouche est cette peau décharnée:
De ce rouge vermeille que l'on peut prétendre
Etre le Défunt Idole  d'une sordide beauté.

C'est sur tes dents, ces sourires qu'on éventre
Sur le dessin d'un visage vague décomposé.


Ah! Ta voix, me berce, c'est celle d'un chantre
Que j'ai appris si  fiévreuse, à vénérer.

O Ma Reine,

Enlace-moi, toute entière

Pour que je me brûle
Aux Enfers.


Prosternée, j'y  baiserai ta rotule

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19:49 Écrit par Comtesse Christa dans Ma Touchka | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poesie, poeme, mort, morte, cauchemar, cadavre, reverie, confessions |  Facebook |

23/10/2008

Poème à l'Inconnue

Fany, l’armure cinabarine de ta bouche guerrière
Est à deux mots de la mienne, et je t’embrasserais
Si je pouvais vaincre cette rancœur meurtrière
A qui j’ arracherai ton glaive et ce baiser.
Ah tes yeux, a qui sème le vent tant de regards
Glauque comme la mer un hiver sans orages
D’où naît les éclipses écarlates de ces soirs
Où j’amuse ma main tout contre ton visage;
Fany, ou les joues zinzolines de pêches écrasées
Que l’on a goûté un matin d’automne, au soleil
Un lac sans parfums, et pour seul reflet
L’encre de ses joues vermeilles.
Oui. Ce sont peut être ses joues, qui ont quelque chose de clair
Et de rose, dans le fugace des ombres déployées
Quelqu’un de pastel, toute de pistache et de lumière
Car les arbres d’aout aussi aiment à la regarder.

Classical_Nude_by_seredin

 


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17/10/2008

Le Désert des Bédouins

De somptueuses plaines gondolées  par le vent,
Le hamac est rond, et l’enfant y dort
Tout l’ocre de ses paumes est éclatant
Du hénnée gras qui sent encore.
Bédouin dont les yeux noirs respirent le haschich
Et dont les dents crasseuses sont des soleils
Ce sont dans tes cheveux noirs que se nichent
Ces sables blancs transpercés de vermeille.
Des champs de pavot oscillants au son du tambour
De l’air bouillant et des insectes tout fébriles
Dévorés par les serpents mêlés comme des cils
A la gueule vorace ainsi que des vautours.
Bédouin cruel, le bâton brandit sur la vieille femme
L’enfant maigre, le chien, et l’esclave endormi
Sur cet âne, ce vieil âne, que tout condamne
Malgré les hurlements tu ne t’es pas attendri.
Crépuscule ensanglanté, défiguré de lumière
Où le col des dunes brûle dans le feu
De châles d’oiseaux, et des tempêtes fières
La couleur là bas, est le miroir des cieux.


Le bleu de leurs vêtements dans le bleu du monde
Au dos de ces chameaux que la marche entraine;
Et le parfum des encens si immonde !
Dans les tissus sale de leurs longues traines.


Enfant nu, bordé par le cours du ruisseau
Le ventre rond, ainsi que le fruit creusé
Sombre de gaité, et noir de peau

Dont la bouche s’exhibe avec fierté.

Twareg_II_by_only_mistery

 


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