24/11/2008

Les Péages gratuits

C'est le verre brisé sur une voie d'autoroute, sur lequel on roule, inévitablement pour mieux se planter tout contre la peau visqueuse et grise, d'une bande de sécurité. La voiture est lasse, et le moteur tourne. J'ai plus assez de voix pour répandre sur la terre entière, les cendres épuisées de ce pied qui voulait avant tout, freiner.

 

 

Etre toute cette masse immobile au pouce trempé;

Puis,

Porter ce manteau noir, dans la nuit découpée

Avec du plastique noir d'une poubelle urbaine,

Dont les étoiles auraient l'éclat de leurs chaînes.

Puis*

Enfin prendre la voiture, la tête lourde en arrière

Sourire encore à l'émail terne d'une dent chiffre pair

Dos contre le dossier, et piéger son sac entre les cuisses

A la lumière liquéfiée des phares et des sombres abysses.

Puis,

S'assommer d'un sommeil, piégé de ce ronronnement.

Vomir la sève des seringues dans un pâle hurlement.

Pour gueuler dans un rire:

J'en peux plus de cette route mon amour, Ces virages

Sont longs et l'étroitesse de leurs visages

Ont quelque grimace de satire.

 

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18:25 Écrit par Comtesse Christa dans Prendre la voiture... | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/11/2008

A Jean Louis


Mon ami,
Je ne crois plus que les sentiments aient un sens,
A la raison de ceux
Qui s’aiment.

Car, Toi,
C’est un peu comme on éteint les derniers feux,
Des anciens campements, où s’étendent les larmes
Sur les visages des femmes et dans leurs yeux
L’argent brillant de leurs dernières armes.

Y’a la rivière sur le plateau qui se meurt en cascade,
Avec des gouttes partout, en un lac de terre mouillée
Et puis, toi tu es là, pour la gorgée de la dernière rasade
Tu es l’ombre noire qu’esquisse l’ocre des grands rochers.

C’est le loup, à pas feutrés qui presse ton éternel voyage
Ainsi qu’un long filet de rires qu’on écrase du pied
Dans cette brume lourde, des lointains rivages:
Où les falaises se creusent dans un fracas étranglé.

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09/11/2008

Ma Mère la Hongrie

Dans la sève des cailloux, du noir des métros
D'un kiosque à l'autre, le froissement des papiers
Sous l'arche d'un vieux mur empestant la chaux
La Hongrie est un froissement de journal écrasé.
Budapest, ou des rues dévoilées par l'ombre ;
Des toits de tuiles bleues ou vertes, parfois brisées
Qui se mêlent à la teinte fauve et sombre
Du Danube aux vieilles péniches arrimées.
Des hommes barbus, vêtus de cuir et de jean
Portant entre leurs bras des sacs en plastique
Leurs femmes ont de longues nattes qui dessinent
De larges cercles dansant élastiques.

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