05/02/2009

Pour ces baisers fugaces

Dans le Présent.

J'ai la bouche qui dévore les stylos quand je vous écris,
Les jambes ployées sous le poids de mes frissons
Et pendant que je vous aime, à penser dans mon lit
Je n'ai sur moi que la fibre textile de ma passion.
Je suis à l'image d'un des saule abattu,
Que l'on démembre aux matins de grosses tempêtes
Mes bras forment comme un arc, un arc tout nu
Enlacé dans ton corps, pour arracher la tête.
Mes pieds nagent dans un lac, un lac si bleuté,
Que le monde parait être un champs de bataille
Où y périssent par milliards  les scarabées,
Rougis dans le bleu tout puissant de leurs emails.

Je nous vois au sein d'un rêve de sphère d'eau,
Les yeux bandés, la mine pâle et quelques mots
S'entêtent contre nos dents, à ne rien se dire
Comme si cela était l'un de mes  souvenirs.

Il ya notre feu de bois qui s'essouffle comme la litanie
D'un prêtre aveugle, errant dans l'inquiétant sous bois
Et c'est ton bras de fer qui l'excite sans bruit,
De petits coups assénés aux morceaux de bois.

Nous étions à deux, et perdus.

La tasse de thé fume sur la table basse,
Le chien a son menton posé sur tes genoux,
Le miroir est beau des deux êtres qui s'enlacent
Et s'entremêlent au chant de leurs grands rires fous.
Sur les grands rideaux de notre  pièce et au mur;
Sont pendus les sourires des défunts instants,
Autrefois, nos lèvres rougissaient d'aventure
Et  le feu crépitait sous l'ombre des amants.

Aujourd'hui, vous me manquez...


Je ne peux plus te mordre les veines d' amour
Il se disperse avec la cendre, sous nos yeux,
Approche-toi! Ton souffle entier et tout autour
De mon corps qui n'avait  pas su te dire adieu.
Viens jusqu'à mes hanches et délivre la ceinture
Du corps sadique qui se veut être brûlé,
Pour que mon humble cœur inondé de peinture
Puisse briser la toile où nous fûmes dessinés.
Je n'en peux plus de te haïr, viens contre moi
Et faisons l'amour en dévorant nos doigts.
Laisse donc les baisers mourir parmi les cendres
Nos regrets blessés se pâment de nous entendre:
Geindre, blêmir, crier au silence effroyable
Que nos chairs aimées sont faites d'encre effaçable.
Et coller nos genoux les uns contre les autres,
Empalés de désir puis désiré par l'autre.
Je vous aime bien, si bien que vous manquez,
Ce soir, la nuit est le parfum de nos baisers.

hfu


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