20/02/2009

Nous avons des hallucinations grammaticales très intenses lors de nos ablutions quotidiennes.

Je tord ces cheveux mouillés au dessus de la baignoire
Où le reflet de l’eau s’est dilué à cette couleur
Des larmes que l’on verse en hommage au rasoir
Avec lequel on s’est coupé la cuisse et son odeur,
Perle de fruits d’arômes et de produits chimiques
Le marbre clair et l’eau limpide: je me nettoie,
Et j’ai sur les papilles le délicieux antalgique
D’un savon pour lequel je me mords les doigts.

Je suis blottie dans son ventre, notre salle de bain
Luit des rayons chaleureux de cet après midi,
J’avale au robinet le sulfureux parfum,
Des bains suaves où se sont endormies,
Les bulles de ces gestes longs et graves
Que l’on accomplit tout en barbotant,
Et le sang de ma cuisse est une betterave,
Que l’on a pressée, écrasée en rougissant.

Toucher du visage le nacre des baignoires
Et coller sa nuque aux mousses d'eau
Teintées de perles et flambées d'ivoire
Je paresse sous l'onde amnésique des flots.

Pour admirer le plafond.

l_9901e0904c26cc0834c6e0ce84924f6a

 

 


Découvrez Brian Eno!

00:14 Écrit par Comtesse Christa dans Bain pour les incrédules | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Un dormeur du val en puissance J'ai vraiment beaucoup apprécié cette poésie qui m'a semblée si étrange à la première lecture mais en y revenant j'y ai découvert des trésors d'écriture.
Puis-je me permettre de t'ajouter dans mes liens amis ?

Écrit par : foxxy1 | 24/02/2009

Les commentaires sont fermés.