20/02/2009

Nous avons des hallucinations grammaticales très intenses lors de nos ablutions quotidiennes.

Je tord ces cheveux mouillés au dessus de la baignoire
Où le reflet de l’eau s’est dilué à cette couleur
Des larmes que l’on verse en hommage au rasoir
Avec lequel on s’est coupé la cuisse et son odeur,
Perle de fruits d’arômes et de produits chimiques
Le marbre clair et l’eau limpide: je me nettoie,
Et j’ai sur les papilles le délicieux antalgique
D’un savon pour lequel je me mords les doigts.

Je suis blottie dans son ventre, notre salle de bain
Luit des rayons chaleureux de cet après midi,
J’avale au robinet le sulfureux parfum,
Des bains suaves où se sont endormies,
Les bulles de ces gestes longs et graves
Que l’on accomplit tout en barbotant,
Et le sang de ma cuisse est une betterave,
Que l’on a pressée, écrasée en rougissant.

Toucher du visage le nacre des baignoires
Et coller sa nuque aux mousses d'eau
Teintées de perles et flambées d'ivoire
Je paresse sous l'onde amnésique des flots.

Pour admirer le plafond.

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00:14 Écrit par Comtesse Christa dans Bain pour les incrédules | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

08/02/2009

Aux enfants de la chance ...

Aux lendemains glorieux où le jour se lève en clairon,
Comme un trépied d'or transpercé à la lumière rouge;
J'ai la tête posée contre le mur de ma terrasse, et bougent
Les eaux cristallisées de la rosée sur les bourgeons.
Lorsque je marche, titubante sur un fil tranché au couteau,
Par cette aube glacée, dont les doigts squelettiques
Étreignent ma chair pour la mordre en son dos
Plus pâle qu'un mort en sa grimace hiératique
Je sens ton corps et ton vide, toute cette absence
Régulière et vénale qui me lance:
De petits coups terribles et lents à mes yeux,
Je ne pleure pas, c'est le froid bien sûr
Qui me rend malheureux,
Lorsque je délivre mon âme, en déchirant du crâne,
Toute cette peau suffisante et sale, qui m'emprisonne
Pour que dans l'air gris, je grise et je frisonne
Je pense à toi. Je pense à toi, Marie Jeanne.
Regarde! Même mes poils se hérissent à ton nom
Même mon gosier sécrète la sécheresse des fumées
Comme si tu fus jadis cette exhalaison,
Putride et fade qui m'appartenait.
J'ai les rétines devenues vertes, la main tremblante
Je roule des globes ainsi qu'un pantin vitreux
Et c'est dans cette nuit sans toi, que vociférante
Je gueule ce désir honteux.
Par tes joues si tendres, que je croque de ma bouche
Au bord des lèvres, tes volutes s'évanouissent
Et c'est comme un enfant turbulent que l'on couche
Sur un lit de roses envahit par le lys.
Je cogne mon front contre toutes les parois,
A tordre le matériel sinon pour le détruire
Tant j'ai de peine, o mon languissant trépas
De ne pouvoir ce soir, juste un peu, te subir.
Tu es vêtue d'un assortiment d'argent et de cuivre
Brodé sur la robe verdâtre d'un tissu si fin
Que les étoiles affamées ont dû te poursuivre
Et délirent comme une traine d'un délicieux satin.
Je te mange, je te déguste, je te salive ô ma reine
Mon archange grotesque, si maigre en cette fin de septembre
Et je me prosterne pour offrir à mes veines,
Le miroitant spectacle des instants qu'on démembre.
J'ai éventré de mon plein gré tant de cigarettes
Plus qu'il ne fut de morts en ces plaines de Verdun
Pour que ta simple odeur, m'obsède puis m'entête
Et puisse faire germer en mes tripes un bouquet de jasmin.

Sans titre


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02:47 Écrit par Comtesse Christa dans Ma fleur fluorescente | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

05/02/2009

Pour ces baisers fugaces

Dans le Présent.

J'ai la bouche qui dévore les stylos quand je vous écris,
Les jambes ployées sous le poids de mes frissons
Et pendant que je vous aime, à penser dans mon lit
Je n'ai sur moi que la fibre textile de ma passion.
Je suis à l'image d'un des saule abattu,
Que l'on démembre aux matins de grosses tempêtes
Mes bras forment comme un arc, un arc tout nu
Enlacé dans ton corps, pour arracher la tête.
Mes pieds nagent dans un lac, un lac si bleuté,
Que le monde parait être un champs de bataille
Où y périssent par milliards  les scarabées,
Rougis dans le bleu tout puissant de leurs emails.

Je nous vois au sein d'un rêve de sphère d'eau,
Les yeux bandés, la mine pâle et quelques mots
S'entêtent contre nos dents, à ne rien se dire
Comme si cela était l'un de mes  souvenirs.

Il ya notre feu de bois qui s'essouffle comme la litanie
D'un prêtre aveugle, errant dans l'inquiétant sous bois
Et c'est ton bras de fer qui l'excite sans bruit,
De petits coups assénés aux morceaux de bois.

Nous étions à deux, et perdus.

La tasse de thé fume sur la table basse,
Le chien a son menton posé sur tes genoux,
Le miroir est beau des deux êtres qui s'enlacent
Et s'entremêlent au chant de leurs grands rires fous.
Sur les grands rideaux de notre  pièce et au mur;
Sont pendus les sourires des défunts instants,
Autrefois, nos lèvres rougissaient d'aventure
Et  le feu crépitait sous l'ombre des amants.

Aujourd'hui, vous me manquez...


Je ne peux plus te mordre les veines d' amour
Il se disperse avec la cendre, sous nos yeux,
Approche-toi! Ton souffle entier et tout autour
De mon corps qui n'avait  pas su te dire adieu.
Viens jusqu'à mes hanches et délivre la ceinture
Du corps sadique qui se veut être brûlé,
Pour que mon humble cœur inondé de peinture
Puisse briser la toile où nous fûmes dessinés.
Je n'en peux plus de te haïr, viens contre moi
Et faisons l'amour en dévorant nos doigts.
Laisse donc les baisers mourir parmi les cendres
Nos regrets blessés se pâment de nous entendre:
Geindre, blêmir, crier au silence effroyable
Que nos chairs aimées sont faites d'encre effaçable.
Et coller nos genoux les uns contre les autres,
Empalés de désir puis désiré par l'autre.
Je vous aime bien, si bien que vous manquez,
Ce soir, la nuit est le parfum de nos baisers.

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