03/12/2008

Aussi Grands que ma tristesse

Tout est vide et plus creux lorsque je pense à elle,
Mais ce foulard, mon foulard; sent un parfum cacharel
Alors ma bouche goûte au fruit de son épaule
Lorsque d'un accident, je l'aime et je la frôle.
Ce sont nos yeux qui se détestent dans le silence
Et je la contemple marcher de ses souliers bruns
Je la murmure par son nom, dans l'indifférence
Qu'elle me porte avec quelque chose de malsain.

Mes membres ont pâli dans le souffle d'automne
Sous la pluie légère des feuilles mortes;
Dans la valse grave que je fredonne,
Il y a le frisson gris des braves cohortes.
La nuit est là, et déjà, s'épanche en longs sanglot;
Tout est noir, même les violons bleus du ruisseau.
C'est ce chant des oiseaux, dans ces lourdes abysses
Qui dansait comme les feuilles sont emportées,
Et se meurent dans la boue, à l'image d'un Lys
Cueilli comme le sont les gerbes de blés.


Pour que mes paupières se ferment et que des larmes
Tombent à la manière des dames,et  que leurs cris
S'étouffent dans un flagrant vacarme.
Mon amour, je t'en prie.

Malgré toutes ces briques de douleur que j'entasse
Vivent dans ce corps,  les ombres vivaces, de nos baisers
Mon amour, par pitié.


Je suis plus souillée que l'est une ruine ancienne
Et moi toute entière griffée d'aubépine
Je crie, j'ai de la peine,
Plus que tu ne l'imagines.

Tu es partout, plus vivante que l'onde des eaux
Qui entraînent la danse gracieuse des insectes
Mais ces frissons d'extase qui violentaient ma peau
Ont disparu dans cette plaie d'amour, qui s'infecte.
Ma tête bourdonne de nos voix qui se disent encore,
Tous ces mots d'un vieux rêve que nous faisions
Et je souffre, plus pâle,  bien plus que l'aurore:
Ce voile de lumière dans lequel nous rêvions.

 

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21:50 Écrit par Comtesse Christa dans Aussi Grands que ma tristesse. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |