12/01/2009

Pour les chansons de ta Balaïka

C'est sur les ailes d'un oiseau que nous fuirons
L'étendue des eaux croupies par delà les bouteilles
Et dans l'ocre d'un soir, où s'embrassent les abeilles
Toujours transportées par les vents, nous partirons.
Nous trouverons les mers de nuages et de constellations
Qui parfois surgissent comme des bateaux dans l'Océan
Et que ta paume les attire contre ton ventre, nous fuirons
Par delà les grises frontières encerclées du Néant.
Natasha, laisse ce mouchoir dormir sur ton bureau,
Egaye de tes mains le jeu des ombres blêmes et chinoises
Eteins la lampe de ton chevet et ferme tes rideaux
Car nous fuirons je te le jure ces tuiles d'ardoises.
Souviens-toi comme les collines bordaient les chênes
De longs cils de plantes grasses, quand nous marchions
C'était ta jupe, en sa longue et vieille traine
Qui précédait nos lamentations.
Natasha, ne pleure pas, car des jours heureux nous appellent
Et c'est sur un oiseau, endormis sur ses ailes,
Que nous pourrons toucher le bleu dont tu rêvais souvent
Lorsque ta joue se posait sur moi, si doucement.
Quand tu rêves, tu as toujours les yeux qui dansent
Dans le tremblement sensible de tes paupières
Les grilles de ton regard ont leurs lances,
D'éclats du soir sombres comme des pierres.
Pour que les processions inutiles des pauvres hommes
Se meurent oubliées sous les hâles de ton chapeau noir
Et que tes cheveux dans la brise d'automne
Etouffent le reflet des raisins noirs.
Natasha, nous survolerons le monde entier de ton rêve
Au travers des chants perçants de ta Balaïka
Car à présent tu dors, et moi je lève
Le soleil qui lentement te réveillera.

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01:45 Écrit par Comtesse Christa dans Chanson d'une Balaïka | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |