21/01/2009

Le Laboratoire du Docteur Jeckyll

C’est le corridor, au portail tout ouvert,
Dont les murs marbrés sont étouffés de tentures
Au dessous de l’ombre, cet effroyable cancer
Qui brunit l’argent des gigantesques armures.
Il y a cent chandelles qui les pleurent au plafond,
Et la cire brulée pleure aussi sur le bois des tables
Comme ces clepsydres noyés du vomi de leur sable
Encerclés de dix huit soldats, dix huit soldats de plomb.
C’est le corridor, où les colonnes sont épaisses
Et paraissent être la gorge béante d’une louve
Dont le pelage galeux infesté de l’herpès
Reste aussi lugubre que le noir des douves.
Le vieillard siège et radote une vieille histoire,
Il est seul à sa table,  ses doigts sont si blancs,
Que l’humidité tactile de ce sinueux couloir
Semble l’avoir vidé de tout son sang.
« Les drogues ont libéré l’individualisme
Et c’est sur un tas de cendres que l’homme
Dont la langue à léchée le métal puis l’opium
Dans un désir solitaire d’exotisme
Dévore la précarité du vocabulaire poétique
Diluée comme le savon et comme l’eau
Il a soif de vin, et d’élucubrations lyriques
Déformées et volatiles comme l’oiseau. »
C’est le corridor qui se renferme sur lui-même,
A la symphonie macabre des derniers tambours
Sur le vieillard et sur tous ses soldats blêmes
Ecrasés par le mutisme de larges rochers lourds.

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00:12 Écrit par Comtesse Christa dans Chanson pour un laboratoire | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |