20/05/2008

Souffre et minéral

Les ombres pâlissent l'opaque d'une bouteille sale
Qu'une main malade agrippe dans son sommeil,
Sur ses lèvres pâles, des gouttes de véronal.
Elles ont des rides rouges, de veines vermeilles,
Ses yeux sont exorbités, ce sont ceux d'un fou :
Qui lutte et se détend, au suaire d'une vérole,
Tapissant son corps malingre, de quelques trous :
L'air est noirci, dans ses putrides alvéoles.
Y'a l'odeur de la mort qui plane et s'allonge,
A côté de sa silhouette trempée de cauchemars
Les vers le crèvent, les abysses le rongent,
L'alcôve suave a la gueule d'un corbillard.
Sa nièce se tient dans les rideaux rouges,
Habillée de rien, elle fait figure de bouge,
Aux dentelles ciselées par des doigts inexperts,
Au teint fané, à la peau fade, les ongles verts,
Elle tient la bible et la serre contre son cœur,
En récitant les versets, la pluie tombe dehors,
Et les Saints s'étranglent, le mystique se meurt :
Car le fou a soif, mais elle lit encore.

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00:00 Écrit par Comtesse Christa dans Hommage au Véronal | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poison, assassinat, niece, poesie, mort, poeme |  Facebook |