15/01/2009

L.

Ils sont quatre hommes enfouis dans les gilets de l'hiver ,
Plus pâles qu'un rayon de craie sur un tableau d'école
Et leurs mains serpentent le bois, ils manquent d'air...!
Asphyxiés des courbes droites de leurs cols.
Ils reposent par dessus l'aurore, sous la résine
D'un cercueil taillé à l'exactitude de leurs os
Et leurs fronts ont cette sculpture androgyne
Que l'on dénude lorsqu'on a plus de peau.
Leurs orteils frappent à coups de tambours fantomatiques
Les planches épaisses de l'effroyable tombeau
Et l'un d'eux murmure dans quelques italiques:
"Je veux voir la lumière brûler à nouveau".
Soudain, le vernis se craquèle et la blessure sourde
D'une hanche brisée s'écoute dans l'effroi,
Du silence anéanti de ces quatre gourdes
Piégés comme des cons et pétris par le froid.

Nous rentrons dans un monde parallèle.

L.

Tous les caveaux vont s'ouvrir au travers des pendules,
Depuis que l'horloger démembre toutes ses proies
Pour mêler au chant des chouettes qui hululent
Le "tic-tac" incroyable du temps qui s'écoula.

Bien plus profonde qu'une gorge de puritaine,
Plus suave encore que l'allaitement au sein
La vague emporte dans sa mitaine,
Le clepsydre comme son embrun.

Il est minuit ailleurs, et les sifflements des tempêtes
Surgissent de la gueule ouverte de Viracocha
Et les éclairs sont plus brillants que les comètes
Qui se perdent dans les toiles du Wallallah.

Je suis ivre, mon âme,
La théière m'étrangle avec ses anses.
Et toute l'essence d'une anse repose dans le sens de bienséance,
Qui me fera vous dire: Madame,

Nous rentrons dans le monde réel.

L.

perishability_by_Memo89


Découvrez Clint Mansell!

00:17 Écrit par Comtesse Christa dans L. | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |