08/02/2009

Aux enfants de la chance ...

Aux lendemains glorieux où le jour se lève en clairon,
Comme un trépied d'or transpercé à la lumière rouge;
J'ai la tête posée contre le mur de ma terrasse, et bougent
Les eaux cristallisées de la rosée sur les bourgeons.
Lorsque je marche, titubante sur un fil tranché au couteau,
Par cette aube glacée, dont les doigts squelettiques
Étreignent ma chair pour la mordre en son dos
Plus pâle qu'un mort en sa grimace hiératique
Je sens ton corps et ton vide, toute cette absence
Régulière et vénale qui me lance:
De petits coups terribles et lents à mes yeux,
Je ne pleure pas, c'est le froid bien sûr
Qui me rend malheureux,
Lorsque je délivre mon âme, en déchirant du crâne,
Toute cette peau suffisante et sale, qui m'emprisonne
Pour que dans l'air gris, je grise et je frisonne
Je pense à toi. Je pense à toi, Marie Jeanne.
Regarde! Même mes poils se hérissent à ton nom
Même mon gosier sécrète la sécheresse des fumées
Comme si tu fus jadis cette exhalaison,
Putride et fade qui m'appartenait.
J'ai les rétines devenues vertes, la main tremblante
Je roule des globes ainsi qu'un pantin vitreux
Et c'est dans cette nuit sans toi, que vociférante
Je gueule ce désir honteux.
Par tes joues si tendres, que je croque de ma bouche
Au bord des lèvres, tes volutes s'évanouissent
Et c'est comme un enfant turbulent que l'on couche
Sur un lit de roses envahit par le lys.
Je cogne mon front contre toutes les parois,
A tordre le matériel sinon pour le détruire
Tant j'ai de peine, o mon languissant trépas
De ne pouvoir ce soir, juste un peu, te subir.
Tu es vêtue d'un assortiment d'argent et de cuivre
Brodé sur la robe verdâtre d'un tissu si fin
Que les étoiles affamées ont dû te poursuivre
Et délirent comme une traine d'un délicieux satin.
Je te mange, je te déguste, je te salive ô ma reine
Mon archange grotesque, si maigre en cette fin de septembre
Et je me prosterne pour offrir à mes veines,
Le miroitant spectacle des instants qu'on démembre.
J'ai éventré de mon plein gré tant de cigarettes
Plus qu'il ne fut de morts en ces plaines de Verdun
Pour que ta simple odeur, m'obsède puis m'entête
Et puisse faire germer en mes tripes un bouquet de jasmin.

Sans titre


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02:47 Écrit par Comtesse Christa dans Ma fleur fluorescente | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |