19/12/2008

Aux autres siècles où sonnait l'Olifan

Ils ont le visage grimé de cicatrices,
La barbe noire et les cils foncés
Leurs chevaux ont cette croupe en calice
D'où ils boivent un sang pétrifié.
Ils ont la Flèche de Parthes dans les gênes
L'élégance troyenne en leurs pas,
Et c'est toute leur horde qui assène
De grands coups bélants aux autres soldats.
La steppe est un champs de neige rousse
Un lac gigantesque où se miroite la lune
Tout un coeur vibrant au creux de la mousse
Où se meurent les derniers cristaux de dune.
C'est le timtamar des grenouilles,
Qui s'éparpille aux feux païens
Car ces barbares ont des flambeaux de rouille
Qui brulent sans lasse les romains.
Leurs arcs se bombent et ils percent
Les murailles de plomb de tous les forums
De leurs grandes armes ils transpercent
Les cuirasses rouges des autres hommes.
C'est un horizon de yourts mal dressées
Aussi tordues que des herbes hautes,
Y dorment des corps où la faim a déversé,
Un flacon d'acide sur les côtes.
C'est sur les eaux fatales, et noires
Sur la barque fragile d'un été de moissons
Que La Reine y danse, en agitant le mouchoir
Des dernières larmes versées pour Junon.

Steppe_by_PENSA

 

 


01:31 Écrit par Comtesse Christa dans Mongolie | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |