24/11/2008

Les Péages gratuits

C'est le verre brisé sur une voie d'autoroute, sur lequel on roule, inévitablement pour mieux se planter tout contre la peau visqueuse et grise, d'une bande de sécurité. La voiture est lasse, et le moteur tourne. J'ai plus assez de voix pour répandre sur la terre entière, les cendres épuisées de ce pied qui voulait avant tout, freiner.

 

 

Etre toute cette masse immobile au pouce trempé;

Puis,

Porter ce manteau noir, dans la nuit découpée

Avec du plastique noir d'une poubelle urbaine,

Dont les étoiles auraient l'éclat de leurs chaînes.

Puis*

Enfin prendre la voiture, la tête lourde en arrière

Sourire encore à l'émail terne d'une dent chiffre pair

Dos contre le dossier, et piéger son sac entre les cuisses

A la lumière liquéfiée des phares et des sombres abysses.

Puis,

S'assommer d'un sommeil, piégé de ce ronronnement.

Vomir la sève des seringues dans un pâle hurlement.

Pour gueuler dans un rire:

J'en peux plus de cette route mon amour, Ces virages

Sont longs et l'étroitesse de leurs visages

Ont quelque grimace de satire.

 

over_the_road_by_kuru93

 

 


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18:25 Écrit par Comtesse Christa dans Prendre la voiture... | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |