03/11/2008

L'Arbre des Songes

C’est un ciel blanc et sans ombrages,
Au creux lassé, d’une colline
Avec des arbres nus, des orages
Qui leur ont ôté toutes épines.
Des vautours comme un chapeau noir
Et leurs cris aussi grave qu’un basson
A l’aube où la brebis court à l’abattoir
Et laisse au bol le lait de ses tétons.

C'est sous la feuille givrée d'automne
A peine morte de l’œillet mauve
Que crépite la glace, cette couronne
Aussi luisante et lisse que le crâne d'un chauve.

Ils dorment.
Sous de larges chênes souillés par le gui
Dont il ne reste aucun plumage
Tous leurs bras ne sont que les racines anoblies;
Qui transcendent de veines les verts paysages.
Les pans des collines là bas escarpées
Sont peintes d’arabesques singulières.
Et les vagues de terre se sont enlacées
Dans l'onde d'un parfum de bruyère.

Des greniers de roches rosâtres;
Par delà les falaises à bordures grises
Et toujours ce ciel, plus blanc que l’albâtre
Qui s’en va mourir dans la brise.
Les odeurs salvatrices s'exhalent du lichen
Mêlées aux senteurs fauves du sous-bois,
Doucement, l'Ombre feutrée du vieux chêne
Disparait à la nuit, et tonne le glas.
Tous les rayons sont écartelés par l'aurore
Et s'entremêlent aux feux bélants des éclairs
Le ciel qui était blanc est maintenant d’or
Tandis qu’il pleut d’abat sur la terre.




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