05/05/2008

La Complainte de l'Hannibal

.Je deviens folle, tout me dégoute, m'étreins : c'est répugnant !
Le sang colmate sur les fissures riantes, des bouchées amères
Et le don des Dieux s'esquisse en un rouge à lèvres mortuaire,
Au visage, d'une ombre morte, sur le tapis blanc.

Mes doigts se mettent à trembler, significatifs : y'a des échos
Et les gens ont les mains collées aux vitres de mes fenêtres,
Le monde entier m'épie, la fureur attise mes flambeaux
Sa dépouille garde la gueule encore ouverte.

Inspecteur à loupe opaque de ne jamais pouvoir connaître,
Ces traces au fusain carbonisé, aux braises psychiatriques
Que j'ai laissé fleurir en indices au prisme de mes lettres
J'entends déjà vos préludes caustiques.

Les gens sont toujours dehors, et ils piétinent, étranges,
Les herbes coupées à ras, de la pelouse que je choyais
Les insectes sortent de la fourmilière, et les mange,
Je leur cède ce que j'ai de meurtrier.

Les cieux tournent noirs, et c’est comme un tableau 
Dont mes mains cadrent l’opulente splendeur.
Au loin l'hiver, au givre blanc, sur les bateaux,
La mer en bourrasques, et quelques gouttes de sueur.
 

Ne répondez pas à ce qui manque de raison,
La logique est un serpent: je glisse sur sa peau
C'était une robe rouge, galbée dont l'horizon,
Dont il ne reste en sa gueule que les maigres oripeaux.

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21:59 Écrit par Comtesse Christa dans Sous le lampadaire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : hannibal, morbide, gothique, poesie |  Facebook |