17/10/2008

Le Désert des Bédouins

De somptueuses plaines gondolées  par le vent,
Le hamac est rond, et l’enfant y dort
Tout l’ocre de ses paumes est éclatant
Du hénnée gras qui sent encore.
Bédouin dont les yeux noirs respirent le haschich
Et dont les dents crasseuses sont des soleils
Ce sont dans tes cheveux noirs que se nichent
Ces sables blancs transpercés de vermeille.
Des champs de pavot oscillants au son du tambour
De l’air bouillant et des insectes tout fébriles
Dévorés par les serpents mêlés comme des cils
A la gueule vorace ainsi que des vautours.
Bédouin cruel, le bâton brandit sur la vieille femme
L’enfant maigre, le chien, et l’esclave endormi
Sur cet âne, ce vieil âne, que tout condamne
Malgré les hurlements tu ne t’es pas attendri.
Crépuscule ensanglanté, défiguré de lumière
Où le col des dunes brûle dans le feu
De châles d’oiseaux, et des tempêtes fières
La couleur là bas, est le miroir des cieux.


Le bleu de leurs vêtements dans le bleu du monde
Au dos de ces chameaux que la marche entraine;
Et le parfum des encens si immonde !
Dans les tissus sale de leurs longues traines.


Enfant nu, bordé par le cours du ruisseau
Le ventre rond, ainsi que le fruit creusé
Sombre de gaité, et noir de peau

Dont la bouche s’exhibe avec fierté.

Twareg_II_by_only_mistery

 


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21/09/2008

La complainte de l'adultère

Cassandre mon amie pourquoi ces nausées,

Et que font-elles ainsi blotties dans ta gorge ?

Tes pas sont lourds, trempés par l’acier des forges

Et ta robe traine sale, sur le pavé.

« Mes mains étaient lavées par l’argile

Mais à présent les voici souillées de boue ;

Je fus l’adultère peu habile :

J’ai rendu mon mari fou. »

Cassandre, ma sœur tes joues sont si maigres

Tes pommettes ont pris la couleur du raisin

Quel est donc ce secret bien aigre,

Qui te cause tant de chagrin ?

Mon visage fut voilé par l’ennui, un jour

Et je fus perdue à jamais, car

A Un rêve, de légèreté et d’amour

Je pris part.

Cassandre, ma fille que fais-tu à la maison ?

Où as-tu perdu le clair de tes yeux si gais ?

Lorsque nous te voyions :

Tu riais

Ma mère j’ai tant de honte à vous revoir

Ma chambre était elle si sombre autrefois?

Est-ce ainsi que j’étais dans le miroir

Je me voyais plus pieuse que cela.

Cassandre, mon amour pourquoi m’as-tu trahi ?

Est-ce là l’orgueil qui t’a rendue folle ?

J’étais épris :

Tu es frivole. »

« Et je tremble aujourd’hui de vous voir souffrir ;

Malheureuse de n’avoir su comprendre

Pour un peu de plaisir :

Je me suis fait prendre. »

Ever_Sad_III_-_Dying_Love

 

 


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21/05/2008

Rupture et La mineur

Un peu de lèvres sans épines, pour un dernier baiser
Sur la bouche, vos mots sont restés las,
Le blanc de votre front, cheveux entremêlés,
Se perle de dernières sueurs d'angoisse,
J’entrevois du miel entre ces yeux mi-clos,
Tâchés d’argent et de pourtours glacés
La cambrure violette de votre dos,
Exhibe tout le parfum des alizées.
Songeur à cape édentée et joueuse
Qui s’effile dans les vents froids
Aux carcasses belles et rêveuses,
Dont il reste encore de la chair sur les doigts.
Prenez ma main, et dévorez la, et même les phalanges,
Que l'os vous étrangle, et vous ouvre les yeux
En persifflant dans ce râle étrange,
Le plus beau de vos adieux.
Ce climat, c'est plein d'orages qui sonnent,
Sur la face d'un banquet vide,
Où s'électrocutent et tonnent,
Des éclairs suspects en rides.
Vous rêvez d'une balade seul, sans bagages,
D' étals d'une foire toute pleine,
De voix, de rires et de rivages,
Et toutes ces épices folles qu'on égraine;
Les souvenirs, ils reviennent à la surface
Comme ces bateaux qui s'échouent sur le récif
Avec des marins morts dans la carcasse
Dont les giffles creuses encerclent les captifs.
Les cieux se crèveront de reflets noirs,
D'une encre visqueuse prête à tout noyer,
Dans le sceau givré des assomoirs,
L'amour s'étend comme un pamphlet.
Parlons, des orchidées qui vont s’éclore,
Auprès des matins tout soyeux,
Dîtes-moi, dîtes le moi encore,
Combien nous fûmes heureux.
Le monde dormait sous le lit des cheminées,
Aux toits de sang et de crasse,
Dont les ardoises glissantes, et givrées
Empestait l'absynthe de nos traces.
Mais vous rêviez d'une balade seul, sans bateaux,
Sur les sentiers d’écumes, bordés d’oiseaux.
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