17/10/2008

Le Désert des Bédouins

De somptueuses plaines gondolées  par le vent,
Le hamac est rond, et l’enfant y dort
Tout l’ocre de ses paumes est éclatant
Du hénnée gras qui sent encore.
Bédouin dont les yeux noirs respirent le haschich
Et dont les dents crasseuses sont des soleils
Ce sont dans tes cheveux noirs que se nichent
Ces sables blancs transpercés de vermeille.
Des champs de pavot oscillants au son du tambour
De l’air bouillant et des insectes tout fébriles
Dévorés par les serpents mêlés comme des cils
A la gueule vorace ainsi que des vautours.
Bédouin cruel, le bâton brandit sur la vieille femme
L’enfant maigre, le chien, et l’esclave endormi
Sur cet âne, ce vieil âne, que tout condamne
Malgré les hurlements tu ne t’es pas attendri.
Crépuscule ensanglanté, défiguré de lumière
Où le col des dunes brûle dans le feu
De châles d’oiseaux, et des tempêtes fières
La couleur là bas, est le miroir des cieux.


Le bleu de leurs vêtements dans le bleu du monde
Au dos de ces chameaux que la marche entraine;
Et le parfum des encens si immonde !
Dans les tissus sale de leurs longues traines.


Enfant nu, bordé par le cours du ruisseau
Le ventre rond, ainsi que le fruit creusé
Sombre de gaité, et noir de peau

Dont la bouche s’exhibe avec fierté.

Twareg_II_by_only_mistery

 


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10/05/2008

L'Almée

Les cithares ne chantaient plus aucune chanson,
Et les tigres s'étaient endormis sous les palmerais
Ses pieds fins dans la boue, dansaient tel un paon,
Dont le sari écarlate, était paré de plumes bleutées.

Les yogis et les sages, dans quelques méditations,
Suivaient de leurs yeux exorbités sa pantomime
Enlaçant leurs doigts, d'une prière de rédemption
« Cette Princesse est la plus belle que nous vîmes »

Les alligators, immobiles à la surface des eaux noires,
Ouvraient gueule béante et crocs dociles, l'œil ouvert;
Les poissons jaunes nageaient dans les souffles verts
D'algues longues bercées au courant du soir.

Elle portait des anneaux aux poignets, et un diadème,
Sur le haut de son front brun, humide par les vapeurs.
Sa crinière basanée s'entrelaçait dans la lumière blême,
D'un flou lunaire dont le charme sublimait sa splendeur.

Ô toi Sybarite, jamais plus tu ne te baigneras
Au prisme solaire du bleu de ce large étang,
Là-bas, sur les berges invisibles, le soldat t'attend,
C'est son sabre en ivoire qui t'executera..

Tes couleurs auront le fade des funestes litanies,
Et tes yeux perçants auront les vers des oripeaux
Ta gorge ronde dévorera la souffrance et l'agonie
Les almées dissolues ont le Gange pour tombeau.

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