19/08/2008

Dactylographie du voyage

Nombreux furent ces jours de pluies fortes
Où les gouttes glissantes ruisselèrent au carreau
Au miroitement d'un soleil : toutes escortes
D'orages et d'éclairs qui suivaient cet étaux.

De larges manteaux noirs, figés sur le quai
Avec la danse des parapluies pour corolles
Des femmes blondes, blanches au lait
Dont les robes fleurissent jusqu'au sol.

J'ai marché bien au dessus de la mer,
Et j'ai goûté à son parfum,
 Mes pas écrasant le vert
D'herbes folles et de sables fins

Opéras vacarmes, chansons de chœurs
Bruxelles la nuit ou quelques murmures
Qui s'échappent de la clameur,
De ces foules et des voitures.

Marchés médiévaux, où l'on vous tend le pain
Doré jusqu'à la mie, chaude et toute tendre
Tous ces artisans, confections en mains
Qui vous appellent pour vous méprendre.


L'aurore est ardente sur le cinquantenaire,
Et les chevaux de plomb en sont l'ombre
On les touche du réveil, avec dans l'air
Quelque chose de brûlant et de sombre.

J'embrassais le jour avec toute mon audace
D'être là, si jeune et pourtant si vaincue
Par delà ces rues longées de terrasses
Et d'hommes délabrés par mon souvenir reclus.

 


Forêts de pins ou de peines
Sentiers sinueux
Où la mousse embrasse le chêne
Au chemin des adieux.

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16/05/2008

Au cirque des Lamentations

A force de jongler et de de faire rire, le vieux clown est bien triste.
Il a usé tout son maquillage de théâtre pour cacher sa face livide,
Mais il n'est plus que le reflet brouillé d'un médiocre artiste
Dont les frasques et bêtises ont emprunté le masque du morbide.

Il se pavane sur scène comme un phénomène de foire médiévale
Où les enfants apeurés implorent à leurs mères de partir
Et le Vieux Clown les regardent s'en aller de l'obscure salle,
Il murmure ses dernières répliques en feignant de sourire.

Les yeux perdus dans le néant d'un cirque vide et ruiné,
Le Vieux Clown se laisse aller à des jeux de désespoir
Il essuie de de sa manche, des larmes de joues colorées
Et rentre déçu de son absent et impitoyable oratoire.

Le Vieux Clown se sent alors sans âme, dénué de ses apparâts
Il erre sans forces, sans farces, c'est ainsi qu'il le ressent
Et abandonné dans sa lugubre loge aux murs noircis par le temps,
Il pourrait se trouver drôle dans son rôle tragique de cancrelat.

Il range alors méthodiquement chacun de ses accessoires,
Enlevant avec élégance son costume rouge et jaune farfelu
Mettant ses beaux pinceaux dans un modeste tiroir,
Le Vieux Clown soupire un peu et n'en peut plus.

Il cherche alors de vieux cachets dans une boîte en fer
Les avale un par un pour profiter de chaque instant,
Et dans un moment ultime de souffrance  vocifère,
Lorsqu'on le trouva, il riait de toutes ses dents.

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