21/11/2008

A Jean Louis


Mon ami,
Je ne crois plus que les sentiments aient un sens,
A la raison de ceux
Qui s’aiment.

Car, Toi,
C’est un peu comme on éteint les derniers feux,
Des anciens campements, où s’étendent les larmes
Sur les visages des femmes et dans leurs yeux
L’argent brillant de leurs dernières armes.

Y’a la rivière sur le plateau qui se meurt en cascade,
Avec des gouttes partout, en un lac de terre mouillée
Et puis, toi tu es là, pour la gorgée de la dernière rasade
Tu es l’ombre noire qu’esquisse l’ocre des grands rochers.

C’est le loup, à pas feutrés qui presse ton éternel voyage
Ainsi qu’un long filet de rires qu’on écrase du pied
Dans cette brume lourde, des lointains rivages:
Où les falaises se creusent dans un fracas étranglé.

1038859438_2

 

 

24/05/2008

Des crires

-Ecrire ou pencher son sein à la bouche
Des ivrognes à gueuses et trouble-faits
Mourir au creux brun des souches,
Dont les racines ont faim d’alphabet.

Et s’épancher sur des collines plates,
De géométries scabreuses à souhait
De ses rocailleuses omoplates,
Surgit de lave un sulfureux pamphlet.

C’est comme les rapaces, eux ils me mettent à sac
Des pillards à plumes grossies par les verres d’alcool
Au bleu du ciel, gigantesque ressac
Jaune d’un soleil qui se dit Auréole.

[Tu es dans l’Eglise, alors tais-toi
Ecoute, plutôt la cloche chanter
L’autel du christ est à deux pas,
Entre Marie et les saints sculptés..

Dans les prairies, tout résonne,
Le brin de l’herbe, sa consœur
L’Eglantier du haut de ses Deux Tonnes
Laisse ses feuilles s’envoler

Au vent d'été qui pleure,

Et des sols par milliers.]
 


La joue écrasée contre le ventre terre,
Les bras déchirés par leurs paroles
C’est de ma langue que je déterre,
Vos mains sales qu’on immole

Le noir du geai, c’est ce que j’ai
Quand vous criez : «  le blanc est pur. »
Des milliers de plumes dans la taie,
Et la poésie pour couverture.

Plagia, je siffle ton apostrophe littéraire
Quel que soit ton rôle de pastiche
Courbes molles sonnaient riches
Et quelques grains pour un vers.

 1662509648


 

free music

16/05/2008

Au cirque des Lamentations

A force de jongler et de de faire rire, le vieux clown est bien triste.
Il a usé tout son maquillage de théâtre pour cacher sa face livide,
Mais il n'est plus que le reflet brouillé d'un médiocre artiste
Dont les frasques et bêtises ont emprunté le masque du morbide.

Il se pavane sur scène comme un phénomène de foire médiévale
Où les enfants apeurés implorent à leurs mères de partir
Et le Vieux Clown les regardent s'en aller de l'obscure salle,
Il murmure ses dernières répliques en feignant de sourire.

Les yeux perdus dans le néant d'un cirque vide et ruiné,
Le Vieux Clown se laisse aller à des jeux de désespoir
Il essuie de de sa manche, des larmes de joues colorées
Et rentre déçu de son absent et impitoyable oratoire.

Le Vieux Clown se sent alors sans âme, dénué de ses apparâts
Il erre sans forces, sans farces, c'est ainsi qu'il le ressent
Et abandonné dans sa lugubre loge aux murs noircis par le temps,
Il pourrait se trouver drôle dans son rôle tragique de cancrelat.

Il range alors méthodiquement chacun de ses accessoires,
Enlevant avec élégance son costume rouge et jaune farfelu
Mettant ses beaux pinceaux dans un modeste tiroir,
Le Vieux Clown soupire un peu et n'en peut plus.

Il cherche alors de vieux cachets dans une boîte en fer
Les avale un par un pour profiter de chaque instant,
Et dans un moment ultime de souffrance  vocifère,
Lorsqu'on le trouva, il riait de toutes ses dents.

clown_by_unclecottoncandy

 

 

 

 

 

free music