03/11/2008

L'Arbre des Songes

C’est un ciel blanc et sans ombrages,
Au creux lassé, d’une colline
Avec des arbres nus, des orages
Qui leur ont ôté toutes épines.
Des vautours comme un chapeau noir
Et leurs cris aussi grave qu’un basson
A l’aube où la brebis court à l’abattoir
Et laisse au bol le lait de ses tétons.

C'est sous la feuille givrée d'automne
A peine morte de l’œillet mauve
Que crépite la glace, cette couronne
Aussi luisante et lisse que le crâne d'un chauve.

Ils dorment.
Sous de larges chênes souillés par le gui
Dont il ne reste aucun plumage
Tous leurs bras ne sont que les racines anoblies;
Qui transcendent de veines les verts paysages.
Les pans des collines là bas escarpées
Sont peintes d’arabesques singulières.
Et les vagues de terre se sont enlacées
Dans l'onde d'un parfum de bruyère.

Des greniers de roches rosâtres;
Par delà les falaises à bordures grises
Et toujours ce ciel, plus blanc que l’albâtre
Qui s’en va mourir dans la brise.
Les odeurs salvatrices s'exhalent du lichen
Mêlées aux senteurs fauves du sous-bois,
Doucement, l'Ombre feutrée du vieux chêne
Disparait à la nuit, et tonne le glas.
Tous les rayons sont écartelés par l'aurore
Et s'entremêlent aux feux bélants des éclairs
Le ciel qui était blanc est maintenant d’or
Tandis qu’il pleut d’abat sur la terre.




Découvrez Pearl Jam!

abstract_nature_by_tangleduptight

23/10/2008

Poème à l'Inconnue

Fany, l’armure cinabarine de ta bouche guerrière
Est à deux mots de la mienne, et je t’embrasserais
Si je pouvais vaincre cette rancœur meurtrière
A qui j’ arracherai ton glaive et ce baiser.
Ah tes yeux, a qui sème le vent tant de regards
Glauque comme la mer un hiver sans orages
D’où naît les éclipses écarlates de ces soirs
Où j’amuse ma main tout contre ton visage;
Fany, ou les joues zinzolines de pêches écrasées
Que l’on a goûté un matin d’automne, au soleil
Un lac sans parfums, et pour seul reflet
L’encre de ses joues vermeilles.
Oui. Ce sont peut être ses joues, qui ont quelque chose de clair
Et de rose, dans le fugace des ombres déployées
Quelqu’un de pastel, toute de pistache et de lumière
Car les arbres d’aout aussi aiment à la regarder.

Classical_Nude_by_seredin

 


Découvrez Frédéric Chopin!