24/05/2008

Des crires

-Ecrire ou pencher son sein à la bouche
Des ivrognes à gueuses et trouble-faits
Mourir au creux brun des souches,
Dont les racines ont faim d’alphabet.

Et s’épancher sur des collines plates,
De géométries scabreuses à souhait
De ses rocailleuses omoplates,
Surgit de lave un sulfureux pamphlet.

C’est comme les rapaces, eux ils me mettent à sac
Des pillards à plumes grossies par les verres d’alcool
Au bleu du ciel, gigantesque ressac
Jaune d’un soleil qui se dit Auréole.

[Tu es dans l’Eglise, alors tais-toi
Ecoute, plutôt la cloche chanter
L’autel du christ est à deux pas,
Entre Marie et les saints sculptés..

Dans les prairies, tout résonne,
Le brin de l’herbe, sa consœur
L’Eglantier du haut de ses Deux Tonnes
Laisse ses feuilles s’envoler

Au vent d'été qui pleure,

Et des sols par milliers.]
 


La joue écrasée contre le ventre terre,
Les bras déchirés par leurs paroles
C’est de ma langue que je déterre,
Vos mains sales qu’on immole

Le noir du geai, c’est ce que j’ai
Quand vous criez : «  le blanc est pur. »
Des milliers de plumes dans la taie,
Et la poésie pour couverture.

Plagia, je siffle ton apostrophe littéraire
Quel que soit ton rôle de pastiche
Courbes molles sonnaient riches
Et quelques grains pour un vers.

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19/05/2008

Elegie pour une morte

La nuit s'endort sur nos sourires inertes. Nos faces glabres dans les bains de lune, s'esquissent en formes ovales. Et comme le loup, mes canines sont plantées dans le cadavre à la jolie robe. Je le regarde en croque-mort, statufiée dans ma langueur, et d'un rire transcendant les sons, je persiffle ma rancœur d'une voix toute haletante!
« O Méditative, lorsque tes yeux ouverts dialoguent avec l'invisible, je crois mourir avec toi. Notre folie nous enveloppe d'élucubrations distinctes. D’un jet de souffle, et de transpirations abondantes. J’ai dans ma poitrine des asticots qui veulent te rejoindre, et se régalent d’une chair encore vivante. Quand l’esprit devient prisonnier  des griffes des fumées hallucinantes, sorties des égouts,  tous les êtres sont inepties. Ils ont la marche des oiseaux et les paroles d’un prophète... Et je te regarde, douce défunte, et je te regarde…comme si j’y voyais quelque chose de grand  »

De tels yeux ne peuvent pas être humains, ou sinon ceux d'une Immortelle?
Ils ont l'acide des poisons qui rongent les cœurs les plus graves, et la couleur des parfums qui nous chamboulent. Ils dardent le monde, comme on le caresse et s'amusent à n'être que des miroirs diaphanes d'une âme des plus pures. Ils ont cette orbe parfaite, crénelée de larmes pénitentes, d'une sainte transpercée de lumières .Et de longs cils éteignent sa clameur, lorsque les nuits ses paupières se closent sur deux tombeaux. Le noir d'un crayon y trace l'empreinte des séduisantes, et cachent d'une révérence jouissive, sa tendre pudeur... Ses prunelles ont des anneaux glacés dans la suie pour ornement, et des éclipses pour rétines, semblables à des îles maudites dans deux océans , dans deux bouts du monde .Car ses yeux ont le bleu des tourmentes, de ces lacs nordiques des plaines perdues... Le bleu des fruits mourants, et celui des mouchoirs. Car ses yeux ont le bleu des tempêtes, dans des eaux voraces ; ou le bleu des carapaces d’insectes, qui dorment, dans l’ombre.
Son âme, fiancée  a son regard, épingle puis torture le monde.  Et de cet hyménée cruel par sa splendeur, existe la morte.

Je cherche dans le vide un trou pour sombrer
Et la statue aux pierres de l'humble tombeau,
Porte en ses bras gris, et glacés
Le corps lourd d'une morte en manteau.

Elle gisait statique, le regard vidé par l'érosion
Et la boue comblait ses fissures éparses
Dans l'ombre, je crus que nous pleurions,
Ma tête posée au ventre de la carcasse.

Sur son corps noirci par les lichens parasites,
Sa bouche, crénelée de sourires évanouis
Semblait me crier, dans un pacte tacite
"Ne me laisse jamais tomber dans l'oubli".

Demeurait l’intact masque d'une tragédie macabre.
Egayée par les paillettes de grands flambeaux
Et sur sa peau, blanche et glabre,
Ruisselait la moiteur du caveau.

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15/05/2008

Israël

Deux états avec une seule et même capitale,
L’un est d’ocre, l’autre de poussière
On y boit les récoltes  frugales,
Et les racines mortes dans la terre.

Vers ces tasses bleues, qu’on retrouve en marée basse
Dont le front est d’or, aussi lisse qu’une caryatide
Le peuple marche,  cheveux troués dans la calebasse
Brune autant que l’exode de ces apatrides.

Deux états, d’un drapeau hissé par les fistots
D’écoles peintes d’hélianthes tubéreux,
A la mer noire de larges paquebots,
D’Hymnes guerriers chantés en Hébreux.

Des glaives par déserts tout entiers,
Brillants et sales sur leurs socles d’airain
Des corps fusent à l’éclat d’obus meurtrier,
Dont l’émaille terne a ce reflet purpurin.

Culpam Nostram, le temps s’est mortifié et  pleure,
Par delà des champs labourés à fauches noires,
De coussins rouges éparses en fleurs.
Qui se meurent dans cette terre d’ivoire.

Israël, Synagogue aux dômes vernis par la Topaze
De broderies de rires, et aux cheveux secs
Ton sang se nourrit des exilés du Caucase
Et du vacarme lourd des jaunes insectes.

Il y a tous ces ossements rêches qui fulminent,
Dans un bain de fumées blanchâtres,
Aux effluves des roseraies qui dominent,
Les maisons, de chansons et d’albâtre.

Tes filles ont les yeux qui dansent,
Dans ces plantations d’agrumes,
Dont la terre délivre la fragrance
Et ces rires, de chair et de coutume.

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15:07 Écrit par Comtesse Christa dans A Israël | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : israel, poeme, litterature |  Facebook |