30/10/2008

Ma Touchka

Ma Reine,

Ainsi tu danses comme ces slaves impétueuses
Faméliques, qui perdent leurs cheveux, et toi:

Tes yeux creux sont ainsi que des veilleuses
Dont les flammes brunes n'existent pas.

 

Tes côtes crochues privées de toute chair
Grincent dans l'onde suave de tes pas
Même le brillant de ton crâne incendiaire
Se meurt dans l'ombre glace de l'au delà.

 

 


Le corrail de tes joues est en cendres
Et ta bouche est cette peau décharnée:
De ce rouge vermeille que l'on peut prétendre
Etre le Défunt Idole  d'une sordide beauté.

C'est sur tes dents, ces sourires qu'on éventre
Sur le dessin d'un visage vague décomposé.


Ah! Ta voix, me berce, c'est celle d'un chantre
Que j'ai appris si  fiévreuse, à vénérer.

O Ma Reine,

Enlace-moi, toute entière

Pour que je me brûle
Aux Enfers.


Prosternée, j'y  baiserai ta rotule

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19:49 Écrit par Comtesse Christa dans Ma Touchka | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poesie, poeme, mort, morte, cauchemar, cadavre, reverie, confessions |  Facebook |

24/05/2008

Des crires

-Ecrire ou pencher son sein à la bouche
Des ivrognes à gueuses et trouble-faits
Mourir au creux brun des souches,
Dont les racines ont faim d’alphabet.

Et s’épancher sur des collines plates,
De géométries scabreuses à souhait
De ses rocailleuses omoplates,
Surgit de lave un sulfureux pamphlet.

C’est comme les rapaces, eux ils me mettent à sac
Des pillards à plumes grossies par les verres d’alcool
Au bleu du ciel, gigantesque ressac
Jaune d’un soleil qui se dit Auréole.

[Tu es dans l’Eglise, alors tais-toi
Ecoute, plutôt la cloche chanter
L’autel du christ est à deux pas,
Entre Marie et les saints sculptés..

Dans les prairies, tout résonne,
Le brin de l’herbe, sa consœur
L’Eglantier du haut de ses Deux Tonnes
Laisse ses feuilles s’envoler

Au vent d'été qui pleure,

Et des sols par milliers.]
 


La joue écrasée contre le ventre terre,
Les bras déchirés par leurs paroles
C’est de ma langue que je déterre,
Vos mains sales qu’on immole

Le noir du geai, c’est ce que j’ai
Quand vous criez : «  le blanc est pur. »
Des milliers de plumes dans la taie,
Et la poésie pour couverture.

Plagia, je siffle ton apostrophe littéraire
Quel que soit ton rôle de pastiche
Courbes molles sonnaient riches
Et quelques grains pour un vers.

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20/05/2008

Souffre et minéral

Les ombres pâlissent l'opaque d'une bouteille sale
Qu'une main malade agrippe dans son sommeil,
Sur ses lèvres pâles, des gouttes de véronal.
Elles ont des rides rouges, de veines vermeilles,
Ses yeux sont exorbités, ce sont ceux d'un fou :
Qui lutte et se détend, au suaire d'une vérole,
Tapissant son corps malingre, de quelques trous :
L'air est noirci, dans ses putrides alvéoles.
Y'a l'odeur de la mort qui plane et s'allonge,
A côté de sa silhouette trempée de cauchemars
Les vers le crèvent, les abysses le rongent,
L'alcôve suave a la gueule d'un corbillard.
Sa nièce se tient dans les rideaux rouges,
Habillée de rien, elle fait figure de bouge,
Aux dentelles ciselées par des doigts inexperts,
Au teint fané, à la peau fade, les ongles verts,
Elle tient la bible et la serre contre son cœur,
En récitant les versets, la pluie tombe dehors,
Et les Saints s'étranglent, le mystique se meurt :
Car le fou a soif, mais elle lit encore.

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00:00 Écrit par Comtesse Christa dans Hommage au Véronal | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poison, assassinat, niece, poesie, mort, poeme |  Facebook |