09/11/2008

Ma Mère la Hongrie

Dans la sève des cailloux, du noir des métros
D'un kiosque à l'autre, le froissement des papiers
Sous l'arche d'un vieux mur empestant la chaux
La Hongrie est un froissement de journal écrasé.
Budapest, ou des rues dévoilées par l'ombre ;
Des toits de tuiles bleues ou vertes, parfois brisées
Qui se mêlent à la teinte fauve et sombre
Du Danube aux vieilles péniches arrimées.
Des hommes barbus, vêtus de cuir et de jean
Portant entre leurs bras des sacs en plastique
Leurs femmes ont de longues nattes qui dessinent
De larges cercles dansant élastiques.

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03/11/2008

L'Arbre des Songes

C’est un ciel blanc et sans ombrages,
Au creux lassé, d’une colline
Avec des arbres nus, des orages
Qui leur ont ôté toutes épines.
Des vautours comme un chapeau noir
Et leurs cris aussi grave qu’un basson
A l’aube où la brebis court à l’abattoir
Et laisse au bol le lait de ses tétons.

C'est sous la feuille givrée d'automne
A peine morte de l’œillet mauve
Que crépite la glace, cette couronne
Aussi luisante et lisse que le crâne d'un chauve.

Ils dorment.
Sous de larges chênes souillés par le gui
Dont il ne reste aucun plumage
Tous leurs bras ne sont que les racines anoblies;
Qui transcendent de veines les verts paysages.
Les pans des collines là bas escarpées
Sont peintes d’arabesques singulières.
Et les vagues de terre se sont enlacées
Dans l'onde d'un parfum de bruyère.

Des greniers de roches rosâtres;
Par delà les falaises à bordures grises
Et toujours ce ciel, plus blanc que l’albâtre
Qui s’en va mourir dans la brise.
Les odeurs salvatrices s'exhalent du lichen
Mêlées aux senteurs fauves du sous-bois,
Doucement, l'Ombre feutrée du vieux chêne
Disparait à la nuit, et tonne le glas.
Tous les rayons sont écartelés par l'aurore
Et s'entremêlent aux feux bélants des éclairs
Le ciel qui était blanc est maintenant d’or
Tandis qu’il pleut d’abat sur la terre.




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24/05/2008

Des crires

-Ecrire ou pencher son sein à la bouche
Des ivrognes à gueuses et trouble-faits
Mourir au creux brun des souches,
Dont les racines ont faim d’alphabet.

Et s’épancher sur des collines plates,
De géométries scabreuses à souhait
De ses rocailleuses omoplates,
Surgit de lave un sulfureux pamphlet.

C’est comme les rapaces, eux ils me mettent à sac
Des pillards à plumes grossies par les verres d’alcool
Au bleu du ciel, gigantesque ressac
Jaune d’un soleil qui se dit Auréole.

[Tu es dans l’Eglise, alors tais-toi
Ecoute, plutôt la cloche chanter
L’autel du christ est à deux pas,
Entre Marie et les saints sculptés..

Dans les prairies, tout résonne,
Le brin de l’herbe, sa consœur
L’Eglantier du haut de ses Deux Tonnes
Laisse ses feuilles s’envoler

Au vent d'été qui pleure,

Et des sols par milliers.]
 


La joue écrasée contre le ventre terre,
Les bras déchirés par leurs paroles
C’est de ma langue que je déterre,
Vos mains sales qu’on immole

Le noir du geai, c’est ce que j’ai
Quand vous criez : «  le blanc est pur. »
Des milliers de plumes dans la taie,
Et la poésie pour couverture.

Plagia, je siffle ton apostrophe littéraire
Quel que soit ton rôle de pastiche
Courbes molles sonnaient riches
Et quelques grains pour un vers.

 1662509648


 

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