21/05/2008

Rupture et La mineur

Un peu de lèvres sans épines, pour un dernier baiser
Sur la bouche, vos mots sont restés las,
Le blanc de votre front, cheveux entremêlés,
Se perle de dernières sueurs d'angoisse,
J’entrevois du miel entre ces yeux mi-clos,
Tâchés d’argent et de pourtours glacés
La cambrure violette de votre dos,
Exhibe tout le parfum des alizées.
Songeur à cape édentée et joueuse
Qui s’effile dans les vents froids
Aux carcasses belles et rêveuses,
Dont il reste encore de la chair sur les doigts.
Prenez ma main, et dévorez la, et même les phalanges,
Que l'os vous étrangle, et vous ouvre les yeux
En persifflant dans ce râle étrange,
Le plus beau de vos adieux.
Ce climat, c'est plein d'orages qui sonnent,
Sur la face d'un banquet vide,
Où s'électrocutent et tonnent,
Des éclairs suspects en rides.
Vous rêvez d'une balade seul, sans bagages,
D' étals d'une foire toute pleine,
De voix, de rires et de rivages,
Et toutes ces épices folles qu'on égraine;
Les souvenirs, ils reviennent à la surface
Comme ces bateaux qui s'échouent sur le récif
Avec des marins morts dans la carcasse
Dont les giffles creuses encerclent les captifs.
Les cieux se crèveront de reflets noirs,
D'une encre visqueuse prête à tout noyer,
Dans le sceau givré des assomoirs,
L'amour s'étend comme un pamphlet.
Parlons, des orchidées qui vont s’éclore,
Auprès des matins tout soyeux,
Dîtes-moi, dîtes le moi encore,
Combien nous fûmes heureux.
Le monde dormait sous le lit des cheminées,
Aux toits de sang et de crasse,
Dont les ardoises glissantes, et givrées
Empestait l'absynthe de nos traces.
Mais vous rêviez d'une balade seul, sans bateaux,
Sur les sentiers d’écumes, bordés d’oiseaux.
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